Récit de voyage

Il est 6h, tout le monde dort. Le devoir m’appelle, car aujourd’hui c’est le 19 mars. Je prends le train vers Paris, pour la grande marche contre le racisme et les violences policières, pour la justice et la dignité.

À Paris, on retrouve des gens de toute la France, d’autres pays, des retraités et pleins d’adolescents. Il y a des journalistes chinois, belge, italien et allemand. Beaucoup d’associations sont présentes : Retraités, Femmes, Handicapés, Etudiants, Immigrés, etc. La manifestation se déroule dans le calme et la détermination. On marche de la place de la Nation à celle de la République en criant : « Pas de justice, pas de paix », « Stop le sang dans les quartiers populaires », « Touche pas à mon enfant », « Nos enfants ne sont pas radicalisés mais diplômés ». On met de la musique d’Afrique, d’Europe, de tous les pays. Presque tout le monde chante, danse, saute, pleure. C’est une image magnifique, forte, de solidarité, d’échanges, de rencontres. Cela nous donne de la force pour en finir avec cette justice raciste et pour sauver nos enfants et rendre hommage à toutes les victimes de cette police raciste et en manque de dignité. On va marcher aujourd’hui et demain pour une vraie fraternité.

On est entre 7000 et 7500 personnes selon la préfecture de police. La manifestation et les manifestants sont contrôlés par les policiers et dispersés par du gaz

On est entre 7000 et 7500 personnes selon la Préfecture de police. La manifestation et les manifestants sont contrôlés par les policiers et dispersés par du gaz lacrymogène. À 17h50 exactement. Notre marche est un message à tous les policiers racistes : « Nous serons toujours debout, solidaires, pour arrêter le sang et la haine. »

AMINA BOUNAB

CETTE INTERVIEW EST RÉALISÉE EN PARTENARIAT AVEC LE RAVI