La sociocratie

Un projet d’habitat participatif est une aventure humaine. Il s’agit, avant d’habiter « ensemble », de travailler ensemble. La démarche est innovante, non seulement dans la façon d’habiter, mais aussi de collaborer. De nouveaux modes de gouvernance sont parfois adoptés par certains. La sociocratie repose sur la communication non violente et quatre principes.

Céline Lieutaud

1/ Le fonctionnement en cercles

Les personnes se regroupent en cercle : chacun est donc à la même place que l’autre. Il n’y a aucune posture hiérarchique. On constitue un cercle de décision pour fixer le sens de l’association (son utilité) et son sens (la direction, les objectifs). On constitue également des cercles de travail : on se réunit autour d’une question particulière afin que chacun puisse contribuer à proposer une ou des réponses.

2/ Le double lien

Une personne du cercle de décision transmet une question à un groupe de travail… une autre personne, membre du groupe de travail, se fait porte-parole auprès du cercle de décision pour présenter sa solution. Chacun a donc une mission spécifique et aucun risque de voir une partie de l’information non transmise car elle ne conviendrait pas au messager.

3/ L’élection sans candidat

Les membres d’un groupe élisent une personne (alors qu’elle ne s’est pas présentée) parce qu’ils la croient la plus à même de porter leur parole. Il n’y a ainsi pas de risque de mettre en avant son égo : c’est le groupe qui compte avant l’individu.

4/ La prise de décision par non observation

Lorsqu’une solution est proposée, elle est d’abord questionnée par chacun pour bien la comprendre. Une fois les explications devenues claires, une observation peut être présentée par chacun : charge au groupe de travail d’y apporter une réponse ou d’en tenir compte pour améliorer la solution. On ne dit pas « je ne suis pas d’accord », on précise en quoi cette solution pourrait ne pas convenir entièrement. Lorsqu’il n’y a plus d’observation, la solution est adoptée.