L’habitat participatif – Une révolution tranquille

Le 1er Festival de l’Habitat Participatif en provence s’est tenu à la Grande Bastide, à Rians (83) les 14 et 15 mai derniers. Un grand bol d’air co-organisé par l’association Regain et la Coordination Habitat Participatif…

Allongé dans l’herbe les doigts de pieds en éventail, le soleil chauffe les paupières et les éclats du « Yoga du rire » bercent le chaland. Plus loin, la Bastide, une flûte, un tambourin.

imag0639Non, il ne s’agit pas d’une réunion de beatniks. La Bourse aux Projets vient de s’achever; sorte de speed dating où chacun a deux minutes pour présenter son futur lieu d’habitat participatif et séduire de nouveaux participants.

Des jeunes cherchent des vieux, des vieux cherchent des jeunes, l’intergénérationnel est de mise. On conçoit son futur lieu de vie. Quelques principes sont partagés : des logements écologiques, économiques, solidaires et ouverts sur l’extérieur.

Loin de la vie communautaire à la sauce 70ies, ici on cherche à vivre ensemble chacun chez soi. On partagera une chambre d’ami, un jardin, un atelier ou un bureau. On tentera de se décider démocratiquement ou « sociocratiquement » (Lire l’article : SOCIOCRATIE).

Il est parfois question de « culture du désir », feng shui et autres communication non violente. Mais on parle surtout statuts juridiques et prêts bancaires.

Chaque projet a ses spécificités : construction ou réhabilitation, en ville ou en campagne, regroupant des locataires ou des propriétaires… Ceux qui n’accèdent pas aux prêts se tourneront vers le locatif social participatif (Lire l’article : LES HABEILLE).

Au milieu des araignées, assis sur les bottes de foin de la grande tente, on voit défiler des PowerPoint

imag0633Un permanent de La collective de Chalvagne (04), lieu d’entraide et d’auto-responsabilisation, témoigne de cette expérience un peu différente : « les adhérents n’habitent pas sur place, mais viennent mutualiser des ressources : un camping, une ludothèque, des désirs, des terres…». Précisant encore : « les obstacles sont à aborder comme des défis à notre créativité ».

Christophe Guimond, propriétaire historique de la Grande Bastide, dessine le développement du lieu : « une activité permacole est prévue sur les 35 hectares du domaine. Une agriculture au service du vivant, s’inspirant du fonctionnement des écosystèmes naturels. Ni produits chimiques, ni machines. Les déchets d’un système serviront de nourriture à un autre système. »

De la collocation améliorée, en passant par la ferme, l’écovillage, ou l’appartement thérapeutique partagé, les projets ont le charme de l’éclectisme. Le jeune homme de La Chalvagne raconte : « un jour, on s’est dit qu’on en avait marre de critiquer un système qu’on alimentait quotidiennement. On est passé à l’action ».

Un curieux mélange d’utopie réaliste.